Les aventures des poussins, racontées par leur presque poule de mère
Hier, j’ai testé le coiffeur allemand.
Alors soyons prudent, je vais résister à la tentation de généraliser mon expérience, qui, bien qu’elle rendrait sans doute l’histoire plus plaisante, agacerait mon mari.
Je suis mal tombée, ça aurait pu m'arriver partout, y compris en France (phrase rajouté dans l'optique de ne pas plomber l'ambiance du diner ce soir)
Bref, je suis allée chez un coiffeur, rien de plus banal, dans un centre commercial non loin de chez moi, pas le coiffeur du village d’à coté.
J’y suis allée équipée: dictionnaire, petit mémo rédigé par Stephan et une photo pour montrer ce que j’attendais pour les mèches, et bonnet pour ressortir si malentendu.
À peine la porte passée, j’ai été tentée de reculer, mais j’ai pris sur moi, halte aux préjugés, ce n’est pas parce que la coiffeuse a une dégaine d’agricultrice et de la paille jaunasse non coiffée sur la tête qu’elle est mauvaise coiffeuse.
Je m’installe pour les mèche et commence à regarder autour de moi, mal m’en pris malheureuse, j’aurais mieux fait de retirer mes lunettes, l’instant aurait été plus serein.
Le salon est assez crasseux, nous sommes lundi matin, il est 8h30, j’ai l’air d’être la première cliente et pourtant il y a des cheveux partout, par terre, sur la tablette devant moi…
Un sac poubelle bleu, bien remplis, trône au milieu de la pièce, je dois être dans un salon grunge, je vérifie du coup l’existence de bac de lavage pour les cheveux.
Le temps de pose des mèches a été utilement dépensé, du coté de ma coiffeuse, tout du moins: pique nique au milieu du salon: sandwich au salami et bouteille de coca, suivie d’une pause clope (dehors quand même) puis ménage…
C’est-à-dire: nettoyage de la cafetière dans l’évier dans lequel elle s’apprête à me laver la tête, elle gratte le fond du filtre plastique avec le pinceau à mèche et utilise du shampoing…note pour plus tard: ne jamais accepter un café chez un coiffeur…
Arrive alors mon tour de me faire rincer la cafetière, c’est étrange, c’est la première fois que j’ai peur de me noyer chez le coiffeur…
Ma coiffeuse a toute la douceur à laquelle on peut s’attendre en voyant ses mains de boxeuses aux ongles rongés.
Une fois de retour devant mon miroir, les cheveux dégoulinant peignés en arrière, je regrette d’avoir fermer les yeux pendant le shampoing, un peu de mousse dans les yeux m’aurait sans doute épargner la vision du carnage.
Cruella des 101 Dalmatiens, c’est moi, c’est trop bête, j’ai eu l’impression qu’elle me comprenait quand j’ai dit « naturelle les mèche SVP.. » (en allemand)
Je vous épargne les détails du douloureux coiffage, en regardant bien, j’ai encore les picots de la brosse imprimés dans le crâne…
La coupe fut classique, je n’ai rien à redire sur ce point, il ne s’agissait que d’un rafraîchissement, dieu merci…
Le séchage m’a rassuré du coté des mèches, les blondes platines se situent sur le dessous, celle du dessus sont plus discrètes, trop épaisses, un peu blondasse mais je m’éloigne doucement de Cruella…
Pour mieux me rapprocher, au fur et à mesure du séchage de Sue Ellen…
Le séchage gonflé en arrière genre actrice américaine des années 70 a le mérite de faire apparaître les mèches du dessous, les presque blanches, c’est donc sans remord que j’ai fait ma sieste dessus, tant pis si mon mari ne peut constater le résultat final…
Ce qui est bête c’est que j’ai presque pu partir sans payer et que je n’ai pas osé.
Je tend ma carte de paiement, vous savez la carte de banque que j’ai mis 3 semaines à obtenir bien qu’elle soit indispensable puisque la VISA Internationale est refusée partout, et la coiffeuse agricultrice me la refuse, ils ne prennent pas la carte.
Je tend à tout hasard la Visa qu’elle regarde comme si je tenais de la braquer.
Et je paye comment? Elle m’indique un distributeur de billet dans la zone commerciale…
Je suis une honnête femme, je suis revenue la payer, à moins que ce soit son sourire de tueuse qui m’en ait convaincue…
J’ai quand même regarder derrière moi à plusieurs reprise en entrant dans le magasin d’en face pour m’acheter une coloration maison…j’avoue qu’à la caisse je lançais des regards anxieux vers mon ex coiffeuse en cachant en toute hâte la boite dans mon sac…