Les aventures des poussins, racontées par leur presque poule de mère
Raphael a eu un an hier, cela fait donc un an aujourd’hui que je re re re fume.
L’occasion rêvée pour arrêter.
Et puis je pense au bien être de mes poumons, à l’éclat de mon teint, à la blancheur de mes dents, à l’exemple que je donne à mes enfants, à mon compte en banque, tout ça en double, Stephan arrête aussi, évidement.
Je pense à tout ça bien fort car, bordel, je ne me souvenais plus comment c’était dur.
Donc je compte sur vous pour m’encourager, me féliciter, et me demander régulièrement si je tiens le coup, histoire que j’ai bien honte si j’ai craqué.
D’autant que dans mon entourage proche, on ne peut pas dire que je sois aidée.
Déjà, il y a Elliot, qui est actuellement, heu comment dirais-je, irritant, énervant à la limite de l’urticant… Il est monté sur ressort, il saute, il tape il bouscule, et surtout « chante » à tue tête toute la journée.
Je me maîtrise avec force et tremblement car je compatie…Il a arrêté la tétine il y a une semaine et je crois qu’il y a un lien de cause à effet.
Ne serait-ce que pour le bruit, avant la tétine faisait bouchon, maintenant le flot qui sort de sa bouche, en Français, en Allemand, en chanson, en aboiement (parce qu’il joue à être un chien 2 heures sur trois) ne connaît plus de limite, si ce n’est celle de ma patience…
Ensuite il y a Raphael, mon bébé, mon tout petit, mon si mignon…soit il m’offre des boules Quies, soit je lui en fait en purée.
Il s’est mit à grincer des dents.
Il en a 4 en haut, 2 en bas et aujourd’hui même, alors que je m’apprêtais à entamer ma vingtième heure sans tabac, il s’est mit à les frotter les unes contre les autres, façon craie sur tableau noir.
Soit il arrête maintenant, soit il passe le reste de la semaine avec un rouleau de Sopalin dans la bouche.
Quant à Stephan, mon mari, lui aussi arrête aujourd’hui, il devrait me comprendre et être mon premier supporter.
En fait il est plutôt le premier à m’insupporter.
Son trip « joyeux boy scout » ne va pas passer, bizarrement sa bonne humeur n’est pas communicative.
Sans doute que je manque de capacités réceptrices surtout après le vingt-sixième « ça va? » de la journée.
Il suçote une Nicorette quand j’en croque une poignée, il trouve super amusant de me proposer de sortir fumer, avec un clin d’œil, rigole avec ses fils de la mauvaise humeur de leur mère au lieu d’entrer dans mon jeux, histoire qu’on s’engueulle vraiment…
On est marié, il ne devrait pas au minimum souffrir pour moi ?
Bon, je vous laisse je vais aller piller sa réserve de bretzels apéritifs , histoire de l’énerver un peu le Boy Scout…