Les aventures des poussins, racontées par leur presque poule de mère
Cette fois Raphael marche, c’est officiel, seul, débout, victorieux sans avoir besoin de public et d’encouragements.
Il se remet régulièrement à 4 pattes car ce n’est pas demain qu’il se fera flashé par le radar du couloir sur ses deux pieds…
Ce qui est pratique quand il est debout c’est que les 15 litres de bave et les 10 litres de morve qui sortent respectivement de sa bouche et de son nez mettent plus de temps à atteindre le parquet.
Ça tombe bien car en ce moment, je suis débordée. Si, si.
Déjà je prépare mon départ pour mes 4 jours de liberté conditionnelle, enfin ce qui me demande le plus de travail c’est la préparation du terrain pour l’exercice commando de mon mari.
Pour un premier challenge, on en restera au thème « survivre 4 jours en milieu surveillé et protégé avec deux enfants », le frigo et les placards seront pleins, le panier à linge sale sera vide et la caisse du chat vierge.
Ensuite, je suis débordée car je cuisine. Si, si.
La perdante du concours pied de tomate ne se remets pas de sa défaite et continue d’amadouer la juge (et néanmoins concurrente, c’est à dire moi).
Elle m’a donné vendredi un sac rempli de prunes et de raisin (ah, ah, en tomate, elle voit bien que j’ai ce qu’il faut)
Sauf que c’était un piège. Une ruse sournoise à la hauteur du « je triche en plantant des haricots à ton concours de tomate ».
Les raisins sont spéciaux.
Très, très spéciaux.
Le copain qui y a goûté samedi a dit un truc du genre « Putain, ils sont imbouffables tes raisins, tu cherches à m’empoisonner »
Vu que j’avais déjà essayé de leur casser une dent avec les Thumbprint de Deb que j’ai du faire trop cuire, forcément ils l’ont mal pris…
Quoi qu’il ne soit et bien qu’il n’en ait pas mangé beaucoup, ça l’a fait cogité le copain car il a enfin trouvé l’arrière goût que je cherchais depuis 24 heures: du cassis pas mûr.
Google répondra à ma question, un existe en effet une variété raisin, en Allemagne et dans l’est de la France qui a un goût de cassis, il pousse en façade des maison, c’est principalement un raisin d’ornement.
La vieille elle s’est dit, la Française, elle mange des cuisses de grenouille, des escargots et des huîtres, elle ne fera pas la difficile avec mes raisins empoisonnés.
Toute personne sensée ouvrirait grand son sac poubelle et y enfournerait ses 3 kilos de raisin, avant que son estomac se transforme en champ de mine.
J’ai préféré en faire du Snapps, de la gnôle quoi.
Comme ces raisins, en plus d’être immangeables, ils sont pleins de pépins, je les ais pressés sous les aisselles à la mains.
Au début, c’était marrant, les mains noires, le jus qui coule, la chair visqueuse…
Mais au bout d’une demi heure j’ai commencé à avoir des démangeaisons, des doigts s’est monté aux avant bras.
À un demi litre de jus, j’ai abandonné mon poste de pressage manuel pour me gratter frénétiquement les bras de mes ongles noirs.
Mon mari déjà perplexe après que je lui ai demandé de plonger les doigts dans un bol de chair de raisin (qui ressemblait à un bol de méduses) me regarde effaré.
Il doit se dire que ces 4 jours à Paris font me raire le plus grand bien…
Voilà, j’ai mélangé mon jus à de l’alcool et du sucre, je secoue la bouteille régulièrement, mais en fait…je n’ose pas trop l’ouvrir…
Je devrais sans doute l’offrir à ma voisine, à moins que je lui offre ces fabuleux Thumbprint trop cuits…œil pour œil, estomac pour dent…