Les aventures des poussins, racontées par leur presque poule de mère
A la naissance de mon fils, je n’ai jamais craint de ne pas savoir m’en occuper, les couches que je rechigne aujourd’hui à changer, étaient changées sans état d’âme aucun.
Certains soins quasi médicaux (cordon, mouchage du nez par aspiration…) qui d’ordinaire me dégoûtent ne m’ont pas bouleversée ou inquiétée plus que ça.
Ce qui m’a bouleversée en revanche c’est le poids de la responsabilité, la responsabilité d’un petit être humain qui ne vit que grâce à moi (et grâce à son père…aussi...un peu…quand même).
Dès la naissance, voir même dès le début de la grossesse, j’ai ressenti la peur de prendre de mauvaises décisions pour ma famille, pour mon fils.
Il y a presque un an que nous réfléchissons à quitter la France pour l’Allemagne, et il y a quelques mois nous avons donné notre feu vert au départ.
J’ai pensé à Elliot, j’ai pensé à Helmut, j’ai pensé à mon mari et à moi-même, j’ai pensé que c’était une bonne décision.
Mais pas instant j’ai songé aux difficultés que cela allait entraîner, pas un instant j’ai songé à me renseigner sur l’état du marché immobilier.
Je m’en mord les doigts, je m’en ronge les ongles mais rien n’y fait notre maison n’est pas vendue.
Au début nous avons espéré, attendu, nous avons retenu notre souffle, persuadé que la vente tant attendue allait se produire.
Nous avions convenu que j’attendrais en France la vente de la maison, mon mari serait logé chez ses parents, nous évitant ainsi d’avoir à assumer le coût d’une location, tant que le monstrueux crédit immobilier que nous avons sur le dos ne serait pas réglé.
Mais il y a une semaine il a fallu le prévoir, ce plan B auquel nous refusions de penser.
Plus la date de départ mon mari vers l’Allemagne approchait plus ma panique s’amplifiait.
Comment vivre cette fin de grossesse seule, avec un enfant de presque 3 ans à gérer, comment imposer à mon fils de vivre de tels bouleversements : la rentrée scolaire, la naissance de son petit frère, sans la présence de son père à ses coté.
Comment accueillir un petit Helmut sans son papa, comment tisser le lien père enfant en n’étant présent qu’un we sur 2…
On ne parlait plus d’un mois ou 2 de séparation mais de plusieurs mois, peut être 6, peut être 8…impossible de savoir.
Et ce we sur 2 où Stephan serait là, comment faire pour qu’il se passe au mieux, comment ne pas lui reprocher ma fatigue, son absence, comment faire pour qu’Elliot lui pardonne assez vite ses 15 jours d’absence pour qu’il profite de ces 2 tout petits jours…
Nous avons pensé à tout ça, jusqu’à ce que le simple fait d’en parler devienne insupportable.
Et nous avons décidé de partir, tous ensembles.
Parce que 2 jours plus tôt, alors qu’il parlait de la maison « à Elliot », j’ai repris mon fils en lui disant que c’était la maison « à Elliot, à papa, à maman et même un peu à Agrippine », il ajoute « et pourquoi c’est la maison, à Elliot, à papa et à maman ? »
« Parce que nous sommes une famille mon Poussin, nous sommes la famille H »
Alors nous allons partir tous ensembles, enfin presque, Stephan part un mois, un mois et demi avant nous, histoire de nous trouver un nid.
Un petit nid, qui ne sera sans doute pas celui dont je rêvais, un petit nid qui sera je l’espère provisoire, un petit nid où on se tiendra chaud en attendant des jours meilleurs.