Les aventures des poussins, racontées par leur presque poule de mère
Il y a bien longtemps, mais pas trop quand même, lorsque nous étions un jeune couple, amoureux et confiant, j’ai trouvé un truc étrange en fouillant dans un placard de feu son chez lui.
Un short très très moulant en lycra noir et brillant.
*consternation*
N’ayant pas croisé de vélo dans l’entrée du 2 pièce, j’en ai conclu que sa précédente petite amie était sportive et anorexique.
En fouillant d’avantage, je trouve le petit haut qui va avec le cycliste.
Un joli maillot brillant aux couleurs de l’Allemagne.
*enfer et damnation*
Une athlète, donc…j’espère que c’était elle l’erreur de casting parce que visiblement, on n’a pas le même profil.
N’ayant pas atteint le fond du placard de Barbe Rouge, je continu mes travaux archéologiques
Et je trouve entassée en vrac la dépouille…de l’ancienne vie d’homme svelte et sportif de celui qui deviendra mon mari.
Des coupes, des médailles, et une photo qui explique tout.

Une fois remise du choc, (cheveux, look, ligne à décoller les affiches) j’interroge mon champion.
Mon champion de Vélo Artistique.
Me voila bien avancée…
Il m’explique dans le français approximatif de nos débuts:
« on fait des trucs avec des vélos sans frein »
Beurk…c’est dégueulasse, faire des trucs avec des vélos sans défense…
« c’est comme ça que je me suis cassé le nez »
Ah, bien fait, le vélo il s’est défendu.
« on fait des rondes sur une seule roue en se tenant la main par exemple »
« et dans l’autre il y a une bière? »
Rhooooooo, je plaisante, chuis épatée, mon mari est champion d’Allemagne de vélo artistique.

Je serais sans doute d’avantage épatée si c’était d’un sport que je connaissais.
C’est sûr.
Du coup samedi dernier, nous sommes passés à un championnat, histoire de voir en vrai ce que ça donne.
Entre 2 regards à Raphael escaladant les gradins, entre 2 essuyages d’Elliot qui mangeait une glace, j’ai pu constater que ce n’était pas si évident ce sport étrange aux vélos au look rétro.

C’est même assez impressionnant de les voir faire.
Impressionnant mais rapidement lassant puisque toutes les équipes font grosso modo la même chose, on ne s’est pas trop attardés, et après la question qui tue, nous sommes partis, bizarrement Stephan n’a pas insisté pour rester:
« Elliot, tu voudras faire du vélo artistique quand tu seras plus grand? »
« non, c’est plutôt pour les filles. »