Les aventures des poussins, racontées par leur presque poule de mère
Je n’ai jamais eu l’esprit de compétition.
Il faut dire qu’au niveau sportif, je n’en ai jamais eu les moyens, j’ai des souvenirs traumatisants de cross au collège, d’arrivée avant dernière, de saut en longueur à se faire des croches pieds toute seule (p***** de pied d'appui, je n'ai jamais su lequel c'était), de match de hand à me fouler un doigt…
Pierre de Coubertin pouvait être fier de moi, j’ai appliqué à la lettre sa devise, et je n’ai jamais compris l’importance de gagner.
Je n’ai jamais été non plus une grande joueuse, il faut dire que les rares parties de Monopoli que nous entreprenions avec mon frère se finissaient toujours de la même façon, comme disait ma mère « il y en a encore un qui va pleurer » (et c’est toujours la même, j’ajoutais pour moi-même)
Sans aimer perdre, je n’aime pas spécialement gagner, ça m’indiffère, je ne saisi pas l’importance de l’enjeu s’il n’y a rien de concret à gagner.
Je m’étonne donc toujours de voir Elliot sauter et crier de joie lorsqu’il arrive le premier à la voiture, lorsqu’il est le premier habillé, le premier à la poubelle (on court de poubelle en poubelle les jours de ramassage, le temps sont durs au niveau sortie et activité culturelles à Döringstat)
Je crains même le pire lorsque la course est une descente d’escalier, je m’angoisse de le voir descendre à toutes jambes, sans pour autant oser gâcher son plaisir de gagner en passant devant lui pour le retenir en cas de chute.
Parfois je dois lui rappeler que nous ne faisons pas la course, lorsque les joues remplies de quartiers de clémentines, il manque de s’étouffer…
L’autre jour, en voiture, nous étions à un feu, une voiture à ma gauche, le feu passe au vert, elle démarre et me dépasse.
Mon petit passager, fan de course automobile et de bolide en tout genre me dit: « Oh non, maman, on n’a pas gagné, c’est lui qui a gagné ».
Je le « console » en lui disant que ce n’était pas une course et tente tant bien que mal d’expliquer à un poussin de 3 ans, que les plus grosse voitures (en taille) ne sont pas les plus puissantes, qu’avec un monospace diesel au moteur de base, je ne peux, même si je le voulais (mais je ne le veux, j'ai plus 18 ans quand même et ma voiture n'est même pas Tunnée), griller une 307 essence au démarrage.
Accessoirement je lui rappelle que la vraie route n’est pas un circuit automobile, que lorsque l’on conduit, on doit penser à sa sécurité et à celle des autres..
Tout en blablatant mon esprit s’égare, dans ma tête résonne le vroum du moteur du Cabriolet Mercedes que mon mari a revendu à la naissance d’Elliot.