Les aventures des poussins, racontées par leur presque poule de mère
Aujourd’hui est un grand jour, un jour que j’attends depuis des années, enfin, au moins 2.
Afin que vous saisissiez l’importance de la nouvelle, je préfère vous récapituler brièvement la vie d’Elliot et de son caca.
L’été dernier, sans y croire franchement, nous avions commencé à installer Elliot sur le pot, profitant d’un moment où le caca était réglé sur le matin après le bib, nous avions même pu danser autour de notre premier, et longtemps, très longtemps unique caca pot.
Cet hiver, nous avons retenté plus sérieusement l’expérience, coté pipi, malgré quelques accidents, cela semblait jouable.
Le souci, le conséquent, voir même l’énorme souci était le caca qui restait désespérément au fond du slip Winnie Pooh.
L’expérience de propreté hivernale s’est clôturée sur une belle et totalement ingérable gastro.
Fin mai, nous avons reçu la visite de la cousine de Stephan et de ses filles, la plus jeune, âgée de 4 ans portait encore des couches.
Ça a été un véritable cacatro choc pour la cacaphobique que je suis.
Quelque part je voyais, avant cette rencontre, l’échéance des 3 ans du Poussin comme la libération automatique de la couche.
La veille de leur départ, je ne sais plus trop comment j’ai présenté la chose, mais j’ai expliqué à Elliot que dorénavant il ne porterait des couches que pour dormir, et que nous ne reviendrions plus en arrière, peu importe pour moi que le budget lessive de slip double le budget couche.
Coté pipi ça ne s’est pas mal passé, quelques incidents, sans conséquences pour le canapé pour le tapis.
Coté caca en revanche, beaucoup de difficultés, le Poussin maitrise parfaitement la théorie : « le caca il va dans le pot ou dans les toilettes et maman elle donne un cadeau »
Bah oui…après une dizaine de jours de caca slip et caca couche, j’ai tenté le marchandage…j’ai un peu honte…Dolto, renie moi…
En pratique, en revanche, aucune avancée, assez peu d’accident, Elliot profitant généralement de la couche de la nuit pour y faire son caca.
Nous avions donc mis en place le rituel romantique suivant : avant de nous coucher, Stephan et moi passions dans la chambre d’Elliot afin de lui changer la couche pendant son sommeil.
Mon rôle consistait à déterminer le moment où mon mari avait besoin de lingettes et à lui passer en silence.
Mais samedi, du rôle d’assistante, je suis passé à celui de chef, et sans assistante…la promotion a parfois un goût amer, enfin, une odeur nauséabonde dans notre cas.
Celui d’hier soir était terrible, un best off des pires caractéristiques cacateuses : très gros, mi dur mi liquide, extrêmement malodorant, tout collé.
On ajoute un Elliot endormi qui ne supporte pas d’être sur le dos et que ne cesse de tenter un roulé boulé de coté…
« Arg…je n’ai que 2 mains et elles sont pleines de caca… »
J’étais encore en choc post traumatique ce matin en prenant mon petit dej.
Elliot était à l’étage, il jouait dans sa chambre, autant dire que lorsqu’il m’a appelé en criant :
« Maman, vient voir mon caca », j’ai fini ma tartine en faisant gloups et je suis montée à reculons (c’est dangereux, ne m’imitez pas, moi, j’étais au bord du désespoir)
Mon Poussin m’accueille en haut de l’escalier, le slip lion sur les chevilles et me guide joyeusement vers la salle de bain.
Il est très fier de me présenter l’étron qui occupe les 4/5 du pot (un truc énorme…) « maman, ça, c’est mon caca, c’est le caca à Elliot »
J’applaudi, j’embrasse, je félicite, j’en pleure presque mais me ressaisi rapidement afin de rendre au caca sa liberté, dans les toilettes.
L’odeur devient difficilement supportable surtout pour quelqu’un qui l’instant d’avant avait une tartine dans la bouche et un verre de jus d’orange dans la main.
Je vais chercher le cadeau (un playmobile joueur de foot), j’hésite un instant à appeler Stephan pour lui annoncer la nouvelle mais j’ai un peur qu’un coup de fil à 7h15 lui fasse peur…
Un peu plus tard alors que je me brosse les dents, Elliot s’assoit de nouveau sur le pot en disant qu’il va y faire caca…et il ajoute « maman elle a un joli cadeau pour moi »…
Il est temps de lui expliquer qu’il n’y a pas de réserve de playmobile dans le placard du salon.
Pour apaiser son désarroi, je lui promets un Smarties…
Dolto, renie moi…finalement ça m’est égal, mon fils est propre.