Les aventures des poussins, racontées par leur presque poule de mère
Il y a des jours comme hier, où je me réjouie que le Poussin soit en vacances chez sa grand-mère.
Hier était une journée aux 100 jurons…il y a des jours comme ça où le soleil ne brille pas et où ’il n’y a bien que mon vocabulaire qui soit fleuri.
Que je vous explique…
Je ne vous l’ai pas dit, pour ménager vos petits cœurs fragiles, mais Stephan a eu son poste en Allemagne, nous allons donc devoir déménager…
Oups, finalement c’est plutôt brutal comme annonce, j’en vois qui portent la main au cœur derrière leur écran…
Je vous ai annoncé la semaine dernière que j’étais enceinte, cette semaine que je partais vivre en Allemagne…ça fait un choc, mais bon, si ma mère y a survécu, j’imagine que vous aussi…
J’en rajoute juste une dernière p’tite couche en vous disant qu’il prends son poste le 1er juillet…
La maison est donc en vente, depuis 10 jours, et on ne peut pas dire que les acheteurs potentiels se bousculent à la porte d’entrée.
Les premiers jours on était sur le qui-vive, lit fait tout les matins, vaisselle du petit dej rangée, premier we passé à nettoyer, karsheriser l’extérieur, planter des petites fleurs mignonnes sur le balcon pour remplacer le pot de mégots de cigarette…
Tout était prêt sauf les clients, l’attention s’est assez vite relâchée et hier matin en partant bosser, je me suis dit que la caisse du chat snouiffait grave et qu’il allait falloir que je fasse quelque chose.
J’appelle l’agence immobilière dans la matinée, histoire de la remuer un peu et nous avons pu constater ensemble qu’elle avait un numéro de portable erroné et que, pas de bol, je n’étais pas avertie de la visite prévue le soir même à 18h….
Premier juron, étouffé car au boulot…
Oh p*****, deuxième juron, mon mari est chez un client toute la journée ne rentre pas déjeuner et ne pourra pas mettre de l’ordre dans la maison, c’est moi qui m’y colle.
1h30 de pause déjeuner, 50 minutes sur la route, 40 minutes de ménage et rangement…rien à manger de rapide à la maison j’embarque un sachet de gâteau apéro à manger dans la voiture sur le chemin du retour…c’est même pas des Curly : 3ème juron…
Je me repose comme il se doit au bureau et sors à 17h30 au pas de course pour arriver à l’heure à la maison.
Toute contente d’avoir enfin une visite, je roule, en chantant, Nostalgie à fond les manettes dans la voiture, chuis une vraie rebelle…jusqu’à ce bouchon, ce p***** de bouchon de sa mère…
Un bel accident, mon autoroute à 4 voies réduite à 2….
Zen restons zen, il n’y a pas moins ponctuel qu’un agent immobilier… j’arrive à la maison à 18h05…personne…ouf…
Et là c’est le drame, « die gross catastrophE », « die EnOrme schiesE »…. (Je m’entraîne)
Il faut savoir que ma grossesse ne se passe pas mal, hormis la difficile expérience du yaourt, je n’ai pas de nausées, je suis raisonnablement fatiguée (compte tenu de mon stress actuel, on peut dire que mes nuits ne sont pas mauvaises) mais il y a un mais… LE truc qui me pourri un peu la grossesse : la constipation, là, je vois le sourire de Lynda grimper jusqu’à ses oreilles, « enfin, elle nous en parle, du coté sombre de la grossesse, enfin elle l’ouvre en grand, la porte des vannes et moqueries ».
Bref allez y, moquez vous, je vais au toilettes 2 fois par semaine, autant dire que je n’ai pas intérêt à louper le coche, c’est une question de survie intestinale.
Sauf que le coche, c’était hier soir à 18h05…et que attendant la visite d’un agent immobilier accompagné d’acheteurs potentiels, qui allaient visiter TOUTE la maison, il a bien fallu que dans un chapelet de jurons en tous genre et en toutes langues, je le loupe la coche…
18h10, ils arrivent, je leur ouvre la porte avec un grand sourire, un peu crispé le sourire…
Ils visitent, prennent leur temps ces andouilles, pendant, qu’en toute dignité, je me tord de douleur dans ma cuisine…
J’ai un peu la pression, dans tous les sens du terme… il faut vraiment qu’on la vende rapidement cette maison, alors je prends sur moi et leur fait donc mon petit blabla sur le quartier, tellement sympathique, sur les écoles, si proches, sur la maison, si agréable à vivre….avec ses 2 wc…
Ils partent enfin…mais c’est trop tard… non, Lynda, je ne me suis pas fait dessus, mais c’est trop tard, l’envie est passée… avec le bol que j’ai, ça me reprendra sur une gondole à Venise…